Les Ezidis de France 

Les tueries commencent le 3 août 2014 après la victoire des djihadistes contre les peshmergas à la bataille de Sinjar. La prise de la ville provoque la fuite de plusieurs milliers d'habitants ; des Turkmènes chiites qui s'étaient réfugiés dans cette ville, mais surtout des Yézidis. 600 000 membres de cette minorité vivent alors en Irak, dont 70% dans la région de Sinjar. Selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, 20 000 à 30 000 réfugiés se retrouvent bloqués dans les montagnes, souffrant principalement du manque d'eau. Deux jours après la prise de la ville au moins 40 enfants sont morts de soif.

La progression des djihadistes contre les forces du gouvernement régional du Kurdistan pousse cependant les États-Unis à intervenir. À partir du 7 août, l'aviation américaine bombarde les positions de l'EI. Parallèlement aux frappes, les Américains effectuent également des largages d'aide humanitaire dans les montagnes de Sinjar.

Le 10 août 2014, le gouvernement irakien affirme que 500 Yézidis, dont des femmes et des enfants, ont été massacrés par les djihadistes de l'EI, puis enterrés dans une fosse commune, encore vivants pour certains. De plus 300 femmes auraient également été réduites en esclavage11. Selon Vian Dakhil, députée yézidie irakienne, 520 à 530 femmes sont retenues dans la prison de Badoush, à Mossoul.

Des hélicoptères du gouvernement régional du Kurdistan se rendent également dans les montagnes pour distribuer de l'aide humanitaire et évacuer des réfugiés. Mais le 12 août un appareil, qui transportait notamment la députée Vian Dakhil, seule élue irakienne yézidie, s'écrase accidentellement lors de son redécollage. Le pilote est tué et une vingtaine de passagers blessés. Ils sont finalement secourus par deux autres hélicoptères.

Environ 20 000 réfugiés Yézidis parviennent cependant à s'échapper des montagnes, en passant par la Syrie ; ils regagnent ensuite le Kurdistan irakien avec l'aide des peshmerga et des YPG11. 2 000 autres trouvent refuge en Turquie.

Au total, au moins 100 000 yézidis trouvent refuge en août dans le Kurdistan turc. Ils s'installent illégalement en Turquie mais bénéficient de la protection des mairies kurdes.

Une vingtaine d'hommes des Special Forces américaines sont également envoyés dans les montagnes. Le 14 août, le contre-amiral John Kirby, porte-parole du département de la Défense des États-Unis déclare que selon l'estimation des bérets verts, 4 000 à 5 000 Yézidis sont encore présents dans les montagnes, dont peut-être près de 2 000 sédentaires.

Le même jour, le président américain Barack Obama déclare que le siège des djihadistes est brisé : « La situation dans les montagnes s’est beaucoup améliorée et nous avons brisé le siège de l’EI dans les monts Sinjar et avons sauvé beaucoup de vies innocentes.

Mais le 15 août, les djihadistes de l'EI attaquent le village de Kocho, majoritairement peuplé de Yézidis, ils massacrent au moins 81 hommes et capturent les femmes et les enfants.

Le frère du maire du village, Nayef Jassem, rapporte d'après les récits de survivants :

« Ils ont séparé les femmes et les enfants des hommes. Ils ont mis les femmes et les enfants dans un hall et les hommes de l’autre côté. Ils ont pris leurs papiers d’identité, leur or, tout ce qu’ils avaient. Puis ils ont emmené les hommes groupe par groupe un peu en dehors du village, en voiture, et ils les ont tués jusqu‘à ce qu’il n’y ait plus un homme dans le village. Ensuite, ils ont mis les femmes dans des voitures pour aller quelque part vers Sinjar, je ne sais pas où ils les retiennent.

 

Selon le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme, plus de 2 500 personnes, principalement des Yézidis, ont également été enlevées par l'EI dans la province de Ninive au début du mois d'août. La Haut-commissaire Navi Pillay déclare que ces personnes ont été conduites vers Tall Afar et Mossoul et converties de force à la religion musulmane. Elle indique également que : « Selon des témoins, les hommes qui ont refusé de se convertir ont été exécutés, tandis que les femmes et leurs enfants ont été réduits en esclavage ou menacés d'être vendus ».

Selon la journaliste kurde Nareen Shammo, 7 400 Yézidis ont été capturés par les djihadistes dont 4 011 sont identifiés et parmi lesquels se trouvent 2 500 femmes. En août 2015, Rukmini Callimachi, journaliste du New York Times, indique que au total, selon les leaders de la communauté yézidie, 5 270 femmes sont enlevées pendant l'année 2014 et 3 144 sont toujours captives à cette date.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), l'État islamique « a réparti entre ses combattants 300 filles et femmes de la communauté yazidie qui avaient été enlevées en Irak ces dernières semaines. Parmi ces 300 femmes, au moins 27 ont été vendues et mariées à des membres de l'EI dans les provinces septentrionales d'Alep et de Raqa et dans celle de Hassaka. Chaque femme a été vendue contre un montant de 1.000 dollars, après avoir été convertie à l'islam ». L'ODSH déclare cependant ne pas connaître avec précision la situation de la plupart des captives mais indique que les femmes sont considérées comme des « prisonnières de guerre » et « sont traitées comme si elles étaient des biens matériels ». D'après le porte-parole du ministère irakien des Droits de l'homme, 700 femmes yézidies auraient également été vendues à Mossoul.

Plusieurs esclaves yédizies se suicident au cours de leur captivité, d'autres parviennent à être rachetées par leurs familles. 

 

Le 21 octobre, Ivan Šimonović, secrétaire général adjoint aux droits de l'homme des Nations unies déclare que les exactions commises par l'État islamique contre les yézidis pourraient constituer une « tentative de génocide ». Selon l'ONU plusieurs milliers de membres de cette communauté ont été tués ou réduits en esclavage. 

 

Le 19 mars 2015, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme affirme à son tour dans un rapport que les attaques de l'EI contre la minorité yézidie « pourraient constituer un génocide. 

 

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